L'Histoire de Lunan

La fondation du monastère de Lunan

Clovis le fondateur :

Enluminure représentant la conversion de Clovis  à la bataille de Zülpich (496), ainsi que son baptême.(Conversion à la bataille de Zülpich (496), et baptême de Clovis Cote Français 51, fol. 419v
France Paris XVè Vicentius Bellovacensis, Speculum historiale)

Clovis, le chef des Francs, qui devint roi de France était un païen, mais il traitait fort bien les chrétiens. Il tenait en grand estime Saint Rémi, qui était alors archevêque de Reims.

Durant sa vie il s’acharna à combattre les Wisigoths, qui tenaient le sud-ouest de la Gaule. Il vaincu lui-même le roi des Wisigoths Alaric, lors d’un duel acharné à la bataille de Vouillé, et délivra la plupart des cités du Quercy en 507. C’est vraisemblablement à cette époque que remonte la fondation du monastère de Lunan, qui se situe dans un petit vallon, non loin de la vallée du Lot.

Clovis adorait les idoles barbares, mais Clothilde, sa femme était une chrétienne d’une grande piété. Celle-ci avait déjà remarqué que son époux ne restait pas insensible à sa religion, et elle l’encouragea à se convertir. C’est finalement lors d’une bataille, que Clovis fut convaincu par la foi chrétienne.

C’est alors qu’il combattait dans les plaines de Tolbiac contre les Germains, et que tout espoir de victoire avait échappé au roi des Francs, qu’il leva les yeux vers le ciel, et implora Jésus Christ de la manière suivante : « Celui que Clothilde ma tendre épouse dit être le fils de Dieu …» Le voyant parler ainsi, les Germains battirent en retraite, et prirent la fuite.

Cet événement miraculeux acheva de convaincre Clovis qui se fit baptiser au cours de la même année à Reims, par son ami Saint Rémi. Dès cet instant, il se montra très pieux et pour effacer les nombreux crimes qu’il avait commis, il fonda un grand nombre d’église et monastère.

C’est ainsi qu’il fit élever le monastère de Lunan vers l’an 510. Il dédia ce nouveau lieu de prières à Saint Martin, dont la mémoire était très vivace dans le Quercy de cette période. Clovis se sentait grandement redevable envers Saint Martin, de la victoire qu’il avait acquis sur les Wisigoths.

Aussitôt le monastère construit, les moines se mirent au travail, et défrichèrent cette partie de la vallée et des environs.

Lunan à l’origine de Figeac

Mais ce lieu était souvent frappé par les inondations qui ravageaient les récoltes et les bâtisses de ces braves religieux. Ils s’efforcèrent tout de même à rester dans cette étroite vallée durant près de deux siècles, avant de soumettre  à Pépin le Bref le souhait de déplacer leur monastère dans une petite vallée voisine, sur les bords du Célé.

Pépin, qui voulait alors rendre grâce au Seigneur pour ses victoires sur les Sarrasins répondit positivement à la demande des moines de Lunan.

La petite histoire voudrait même que Figeac tire son nom de la réponse faite par le  Monarque : « Fiat » (je le veux), qui serait devenu Figeac.

Lunan aujourd’hui

A Lunan, il ne reste de nos jours, plus grand chose du monastère édifié sur les ordres de Clovis. Une belle petite église romane est néanmoins visible, et mérite que l’on s’y attarde, on y vénère encore  le 11 novembre, des reliques de Saint Martin.

Mais un autre lieu, nous rappelle l’ancienne importance de cette localité. Presque en face du portail de l’église, se dresse à environ 200 mètres, dans la colline, plusieurs grands peupliers, qui se remarquent au milieu des chênes. Une fois parvenu aux pieds de ces arbres, on peut remarquer une charmante source qui jaillit dans un amoncellement de ruines de constructions anciennes. C’est la fontaine Saint-Martin, qui fut durant de nombreux siècles un important lieu de pèlerinage.

Son eau est en effet réputée comme étant miraculeuse, pour ses vertus qu’elle possèderait à guérir les enfants ayant du mal à marcher. On y baignait  les enfants qui avaient les jambes « tordues » ou « croisées ».

Cette source aurait, d’après une tradition, jailli sous le pied du cheval de Saint Martin, et l’on peut encore aujourd’hui, remarquer la trace de la monture du Saint homme, qui se trouve, juste à côté du filet d’eau de cette petite source sacrée. Un petit sanctuaire fut élevé autour d’elle, et de nombreux vestiges sont encore visibles.